Un abri plutôt qu’un bâtiment avec ses murs dessinant, en les figeant, pièces et couloirs.
Le projet résulte de la mise en place d’un système constructif conçu pour être simple à mettre en oeuvre, évolutif, flexible dans son utilisation, généreux dans ses espaces et aussi économe que possible sur le long terme.
Sur une dalle en béton, couvrant la totalité de la superficie construite, une trame de colonnes et de poutres préfabriquées de 7,60m de côté sur 5m de haut par niveau, également en béton. Une structure répétitive, aussi économe que possible dans sa réalisation, une structure délibérément “low-tech” pour éviter autant que possible des études et une mise en place complexes difficilement maîtrisables. Sur cette grille de poutres et colonnes, des planchers et dalles en hourdis de béton également. Du béton pour assurer une inertie importante au bâtiment, ce que ne permet pas une construction à ossature en bois. Du béton, parce qu’il permet aussi un taux de recyclage important de ces composants.

Pour clore l’abri, une façade continue enrobe le périmètre de la construction. Une façade tracée au plus court de manière à limiter par la compacité du volume construit les déperditions énergétiques. C’est l’élément “High-tech” du système conçu pour maîtriser les apports et pertes calorifiques et pour contrôler le confort visuel des utilisateurs. Un mur-rideau en verre sérigraphié imaginé pour capitaliser au mieux l’énergie solaire en hiver tout en se préservant d’une surchauffe excessive en été. La toiture quant à elle, cinquième façade du projet, combine les fonctionnalités d’un jardin potager et d’une cour de récréation tout en étant utilisée comme surface de rétention des eaux de pluies dans sa partie végétalisée et comme réserve d’eau sanitaire non potable.

A l’intérieur de l’abri, des pavillons.
Le contrôle thermique assuré par l’action combinée de l’inertie de l’ossature et du filtre de la façade vitrée permet de construire avec des moyens simples et une grande liberté des locaux adaptés à chaque usage spécifique. L’autonomie des pavillons par rapport à la structure ainsi que la protection aux intempéries et le contrôle thermique que confère l’abri autorisent beaucoup plus de souplesse et de variété dans les matériaux pouvant être mis en oeuvre.

Chaque fonction spécifique pourra bénéficier, sur base d’une structure légère identique, de revêtements extérieurs et intérieurs correspondant au mieux à leur utilisation. Ainsi, si l’enveloppe extérieure du bâtiment assure un contrôle des conditions climatiques de première ligne, le traitement des enveloppes pavillonaires constituera un deuxième filtre régulant plus finement chaque ambiance (confort visuel, acoustique, sensations tactiles) selon la destination spécifique de chaque local.

L’organisation pavillonaire sous abri permet d’organiser librement les connexions, dégageant l’espace de tout couloir de service au profit d’espaces plus généreux pouvant être utilisés tantôt comme prolongements aux classes, tantôt comme espaces d’exposition de travaux ou lieux d’activités festives.

Le système pavillonnaire autorise également une plus grande évolutivité du projet. Malgré la précision du programme, il se peut que des ajustements puissent encore émerger des discussions avec les responsables et utilisateurs. Il se peut également que les exigences règlementaires ou les besoins évoluent à plus au moins long terme. Un projet flexible permet non seulement d’impliquer plus directement les acteurs de terrain que de s’adapter le moins lourdement possible à un contexte changeant.






Fiche technique:
Maître de l’Ouvrage: Ville de Bruxelles (projet non retenu)
Equipe conception: Stéphane Faidherbe,
Luis Miguel Pinto Gonçalves, Wissam Salim
© fp 2006