archives (03/2007)
18.03.2007:Maison de la Culture Portugaise
Il existe en France une importante communauté d’origine portugaise. Celle-ci ne dispose pas à ce jour d’une institution qui permette la diffusion de cette culture européenne. Un projet vient d’être initié pour la conception d’une Maison de la Culture Portugaise en région parisienne. Notre projet sera présenté parallèlement au concert de la fadiste Maria da Fé ce 31 mars à l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris.
L’implantation pressentie pour la construction d’une Maison de la Culture Portugaise (MCP) se situe au Nord-Est du centre de Paris, sur le territoire de Gonesse, entre les aéroports du Bourget et de Roissy- Charles de Gaulle. Il s’agit d’un territoire marqué par une transformation récente consécutive à l’installation de ces importantes infrastructures aéroportuaires. Ce territoire, dit de la « Plaine de France » est appelé à connaître un développement important du fait de l’extension des activités logistiques mais également avec une diversification vers le secteur des services suivant en cela les développements d’autres cités aéroportuaires comme Amsterdam-Schipol aux Pays-Bas par exemple. Des améliorations substantielles vont être apportées en matière d’accessibilité: en plus des nouvelles liaisons routières prévues, la jonction des lignes B et D du RER s’opèrera précisément à Gonesse permettant un accès aisé et rapide tant au coeur de Paris qu’à la plateforme multimodale Roissy-Charles de Gaulle. Ce territoire jouira donc de l’avantage de cette double proximité, ce qui devrait lui assurer un développement rapide.
Les terrains disponibles pour l’implantation de la MCP se situent entre la RN 17 dite Route des Flandres et l’autoroute A1 sur une portion du territoire de la municipalité connue sous le nom de « triangle de Gonesse ». Ces terrains sont ou seront aménagés à court et moyen terme en trois zones distinctes: les « pôles d’excellence » 1, 2 et 3.

Bien que nous ne disposons pas encore d’éléments précis sur les disponibilités foncières exactes, notre proposition privilégie une implantation aussi proche que possible des infrastructures de transport pour assurer la meilleure accessibilité à un bâtiment dont la vocation principale est l’ouverture au public. C’est pourquoi nous situons le projet à la fois au croisement de routes importantes (la Nationale 17 qui mène directement à Paris ainsi que le chemin de Soissons qui, une fois élargi permettra une liaison rapide avec l’aéroport de Roissy) mais aussi en lien direct avec la nouvelle gare RER sur le tronçon reliant la ligne B et D. En rassemblant autour d’un espace public, la gare, la MCP ainsi que d’autres infrastructures et équipements destinés à la collectivité, il deviendra possible de définir une nouvelle centralité aux nouveaux territoires urbanisés.

La dimension périurbaine du site requiert que le projet s’inscrive comme un repère facilement identifiable. Il y a lieu de penser en effet que l’environnement immédiat manquera d’une identité forte comme c’est souvent le cas des zones d’activités. Dans ce contexte complexe, comment un bâtiment représentatif de la culture portugaise peut-il émerger? Comment représenter architecturalement cette culture?
Notre proposition est une interprétation d’éléments de la culture architecturale et urbaine portugaise.
Le bâtiment proposé occupe une emprise réduite au niveau du sol permettant d’accueillir un parvis participant au futur espace public. Il se distinguera par un traitement du sol différencié: une calçada portugaise, alternance de pierres irrégulières blanches et noires, offrira un repère très facilement identifiable. Cet espace ouvert à la ville sera utilisé pour accueillir les nombreuses fêtes traditionnelles en leur donnant une visibilité particulière. On pourrait aussi y organiser des marchés de manière à ce que ce lieu soit réellement un espace de rencontre, un lieu vivant.

La Maison de la Culture s’exprime comme une masse sculpturale, privilégiant l’intériorité à la transparence totale. C’est une caractéristique de l’architecture ancienne et contemporaine: la tradition constructive portugaise accorde une grande importance aux volumes animés par la lumière. Le volume, traité comme une masse, est traversé par les différentes fonctions: salles d’exposition, salle de lecture, espace multimédia, cafetaria, locaux administratifs et salle de conférences. Le volume ainsi percé offrira des perspectives surprenantes sur l’environnement urbain.


Les façades seront réalisées en petits carreaux de céramique, allusion à une pratique fortement ancrée au Portugal: l’utilisation d’azulejos tant en intérieur qu’en revêtement extérieur. L’azulejo, n’est pas seulement un élément décoratif. Dans l’architecture portugaise, il est devenu indissociable de l’architecture elle-même. C’est un matériau simple, facile à mettre en oeuvre, aux reflets changeants sous la lumière du soleil, permettant un travail sur la polychromie.

Le projet est conçu en travaillant deux échelles différentes: chaque fonction, visuellement isolée des autres, cadrera des vues sur le paysage environnant. Ces espaces auront des dimensions communes, habituelles permettant une exploitation quotidienne aisée. Par soustraction, un vaste espace intersticiel est créé entre ces volumes indépendants: cet espace uniformément recouvert de béton, monochrome, sera éclairé par des puits de lumière qui animeront la volumétrie intérieure complexe. Cet espace, de dimensions très vastes et, aux vues spectaculaires, constituera le foyer de la MCP: un espace où les différents utilisateurs et visiteurs pourront se croiser, un espace qui identifiera le caractère particulier du bâtiment.


11.03.2007:Vivre les villes
Vivre les villes les 16, 17 et 18 mars prochains. Vivre les villes est un ensemble de manifestations, expositions, colloques, projections de films, ateliers pour enfants destinés à sensibiliser le public à l’architecture et à l’urbanisme des villes françaises. Vivre les villes, ce sera un peu partout sur le territoire hexagonal. Le programme est disponible sur le site vivrelesvilles.fr A cette occasion, fp sera présent à une rencontre-débat ce samedi 17 mars organisée par la DRAC du Nord-Pas de Calais sous le thème "Nouvelle architecture, nouvelles technologies, nouvelles esthétiques". Les renseignements pratiques sont disponibles sur le site de la Maison de l’Architecture et de la Ville
11.03.2007:habiter des serres en ville
Le site occupé par d’anciennes serres horticoles s’inscrit au coeur d’un îlot résidentiel proche du centre de Strasbourg. Un site destiné à recevoir une maison de ville, spacieuse, ouverte sur un grand jardin.
Faut-il démolir les serres existantes ou simplement les aménager? Après analyse du programme, de l’implantation et de la configuration spatiale des serres existantes, nous avons privilégié pour ce projet rècent une reconversion conservant une large partie des structures existantes avec démolitions ponctuelles et limitées.
La ligne conductrice du projet est de moduler les espaces en établissant une hiérarchie suivant leur utilisation. Plutôt que de rendre habitable d’une égale manière l’ensemble des volumes actuels, nous avons modulé les espaces en fonction de la fréquence d’utilisation et du confort que nécessite chaque activité.
Sur une emprise aussi grande, il est important de maîtriser les aspects énergétiques. C’est à la fois une question de responsabilité environnementale mais c’est aussi indispensable pour éviter des coûts de consommation importants et sans cesse croissants.
Il ne nous paraissait donc pas opportun, ni d’un point de vue environnemental, ni même du seul point de vue architectural, de considérer les espaces disponibles d’un seul tenant.

Ainsi, nous avons privilégié une approche qui, tout en conservant l’esprit et le caractère de l’espace existant, propose une gamme d’ambiances et de situations allant de l’espace intérieur protégé aux espaces extérieurs en passant par des environnements intermédiaires pouvant être ouverts ou refermés en fonction des envies et du climat.
Nous avons décidé de concentrer en une nouvelle construction transversale les pièces d’habitation les plus protégées: les chambres, le séjour comprenant la salle à manger et le salon. L’étage de cette construction est conçu comme un appartement autonome destiné à la location.
Cet élément transversal sera implanté en démontant deux travées de chacune des trois serres principales. Cette construction sera réalisée en ossature légère avec un bardage extérieur. L’isolation de cette construction sera prévue suivant les normes de Haute Qualité Environnementale pour permettre un confort optimal en minimisant les déperditions énergétiques.

A ce nouveau volume qui constitue dans notre esprit l’abri minimal, nous avons ajouté un certain nombre de « plug-in », des équipements indispensables au fonctionnement de l’habitation principale: les salles de bain et la cuisine. Ces plugins s’expriment sous forme de volumes glissés sous l’espace existant des serres. Chaque volume pourra avoir une expression propre facilitée par le fait qu’ils seront protégés par la verrière des serres conservées. L’espace sous serre restant constitue une importante réserve d’espace utilisable dans une atmosphère tempérée qu’on pourra choisir de chauffer ou non selon l’utilisation qu’on en fera et des variations saisonnières.

Cet espace sera le prolongement naturel du séjour. Il sera, la plupart du temps le coeur des activités de la maison. Un espace dont les dimensions importantes permettra une grande variété d’occupations.
Un volume mobile pourra être utilisé comme chambre d’amis. Ce volume, par ses déplacements possibles pourra également contribuer à reconfigurer librement l’espace sous serre en l’utilisant par exemple comme élément séparatif. En travaillant la matière de son revêtement (par exemple de la mousse acoustique comme celle qu’on utilise dans les studios d’enregistrement), on pourra apporter une correction acoustique qui compensera utilement les matériaux industriels (et réverbérants) de la serre.

Entre les trois premières serres et la serre de production, nous envisageons d’enlever toute couverture sur l’une des travées, de manière à ce que le séjour sous serre puisse être en contact direct avec le jardin. Ce contact sera facilité par la mise en place, tout le long de la nouvelle façade sur jardin de portes-fenêtres pliantes qui permettent une ouverture maximale et donc une mise en relation forte et directe entre intérieur et extérieur.
Revenant à la façade avant, les deux premières travées des serres sont également conservées et sont utilisées pour protéger les entrées et le garage ainsi que pour offrir à chaque chambre un espace extérieur propre qui sera protégé des intempéries. Suivant l’évolution du projet, on pourra les utiliser comme espace extérieur de jeux, jardin d’hiver, jardin extérieur...
